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Que fait concrètement une infirmière lors d'une visite de soins palliatifs à domicile ?

10/10/2026
Que fait concrètement une infirmière lors d'une visite de soins palliatifs à domicile ?
Soins palliatifs à domicile : ce que fait vraiment l'infirmière, sa fréquence de passage et comment préparer sa visite

En Belgique, près de deux tiers des personnes en fin de vie souhaitent rester chez elles, entourées de leurs proches. Pourtant, rares sont les familles qui savent précisément ce que recouvre la visite d'une infirmière de soins palliatifs à domicile — et beaucoup la réduisent à une série de gestes techniques. Que se passe-t-il réellement entre le moment où l'infirmière franchit la porte et celui où elle repart ? Est-ce limité aux perfusions et aux médicaments, ou cela va-t-il bien au-delà ? Alysone Dufer, infirmière indépendante à Courcelles, accompagne au quotidien des patients et leurs familles dans cette réalité complexe, avec une approche fondée sur l'écoute et la rigueur clinique. Cet article vous guide à travers le déroulement concret d'une visite, sa dimension humaine et les clés pour bien vous y préparer.

Ce qu'il faut retenir
  • Une visite palliative à domicile dure au minimum une heure (codes INAMI 427070 et 427151) et peut avoir lieu jusqu'à trois fois par jour, avec une garde téléphonique 24 h/24 pour les urgences.
  • Le statut palliatif, accordé lorsque l'espérance de vie est estimée entre 24 heures et 3 mois, supprime tout ticket modérateur et ouvre droit à un forfait de 827,99 € (2025), renouvelable une fois après un mois minimum.
  • L'infirmière a l'obligation légale de notifier la mutualité du patient dans les 10 jours suivant le début des soins palliatifs à domicile via MyCareNet — sans quoi les forfaits palliatifs ne peuvent pas être activés.
  • Les soins palliatifs peuvent débuter alors que des traitements curatifs sont encore en cours : la loi belge du 21 juillet 2016 garantit ce droit « quelle que soit l'espérance de vie » du patient, dès le stade avancé d'une maladie grave et évolutive.

Une visite dense et structurée, de la première à la dernière minute

Un cadre horaire qui dépasse les idées reçues

Contrairement à ce que l'on imagine parfois, une visite palliative à domicile ne dure pas quelques minutes. La nomenclature de l'INAMI prévoit des codes spécifiques — les pseudocodes 427070 et 427151 — pour des visites d'une durée minimale d'une heure. Ce temps long traduit la densité des soins à réaliser et des échanges à mener avec le patient et son entourage à chaque passage. Il est d'ailleurs important de savoir que les soins palliatifs peuvent être entamés alors que des traitements curatifs sont encore en cours : la loi belge du 21 juillet 2016 stipule explicitement que le droit aux soins palliatifs s'applique « quelle que soit l'espérance de vie » du patient, dès lors qu'il se trouve à un stade avancé ou terminal d'une maladie grave et évolutive. L'infirmière en soins palliatifs à Courcelles peut donc intervenir à domicile bien avant la phase terminale, ce qui élargit considérablement son rôle au-delà des soins de fin de vie au sens strict.

Jusqu'à trois passages quotidiens, intégralement remboursés

La fréquence, elle aussi, peut surprendre. En soins palliatifs à domicile, l'infirmière de première ligne peut effectuer jusqu'à trois visites par jour, selon l'évolution de l'état du patient. Ces passages sont couverts par les forfaits INAMI (PA, PB, PC, PP, PN), qui correspondent aux niveaux de dépendance évalués selon l'échelle de Katz : le forfait A (et PA) correspond à un score Katz de 0 à 4 points (dépendance légère), le forfait B (et PB) à 5-8 points (dépendance modérée) et le forfait C (et PC) à 9 points et plus (dépendance lourde). Dès la reconnaissance du statut palliatif — accordé lorsque l'espérance de vie du patient est estimée entre 24 heures et 3 mois par le médecin généraliste —, le patient ne paie plus aucun ticket modérateur : les soins sont intégralement remboursés via le tiers payant, sans avance de frais. L'infirmière a d'ailleurs l'obligation légale de notifier la mutualité du patient dans les 10 jours suivant le début des soins palliatifs à domicile, via le formulaire « Notification de soins infirmiers pour un patient palliatif » transmis par MyCareNet : sans cette démarche, les forfaits palliatifs ne peuvent pas être activés et le remboursement intégral ne s'applique pas.

Une réponse immédiate aux urgences nocturnes

Et la nuit ? L'infirmière reste joignable. Un système de garde téléphonique 24 heures sur 24 garantit une réponse rapide en cas d'urgence. Si une crise survient — douleur aiguë, détresse respiratoire soudaine —, l'infirmière peut intervenir sur base d'une prescription formulée oralement par le médecin, par téléphone ou webcam, à condition que celui-ci la confirme par écrit dans les cinq jours calendrier. À défaut de cette confirmation écrite, l'acte ne peut pas être attesté auprès de la mutualité, ce qui rend cette étape indispensable pour garantir la prise en charge administrative. Ce dispositif évite ainsi une hospitalisation non souhaitée, en permettant d'agir immédiatement au domicile.

Exemple concret : Mireille Cosyns, 71 ans, est accompagnée à domicile à Courcelles pour un cancer du pancréas à un stade avancé. Un dimanche à 2 heures du matin, son mari Gérard appelle l'infirmière de garde : Mireille présente une douleur abdominale intense et une agitation inhabituelle. L'infirmière contacte aussitôt le Dr Vandenberghe, médecin traitant, qui prescrit par téléphone l'administration d'un antalgique déjà prévu dans le protocole anticipé. L'infirmière intervient dans les 30 minutes, administre le médicament et reste au chevet de Mireille jusqu'à ce que la douleur soit contrôlée. Le lundi matin, le médecin confirme sa prescription par écrit. Résultat : une crise maîtrisée sans transfert aux urgences, et un couple rassuré.

Les soins techniques réalisés par l'infirmière à chaque passage

Des gestes cliniques précis, encadrés par la prescription médicale

Chaque visite commence par un ensemble de gestes cliniques précis, réalisés dans le cadre strict des prescriptions du médecin traitant. L'infirmière gère et surveille les perfusions sous-cutanées ou intraveineuses, administre les médicaments antalgiques — dont la morphine lorsque le protocole le prévoit —, et vérifie leur efficacité. Elle prend en charge les sondes urinaires et gastriques, effectue les soins de bouche (la sécheresse buccale est un symptôme fréquent et inconfortable en fin de vie), réalise les soins d'hygiène corporelle et veille à la prévention des escarres par un positionnement adapté.

Une évaluation systématique des symptômes à chaque passage

Mais ces gestes ne sont jamais mécaniques. À chaque passage, l'infirmière procède à une évaluation structurée et systématique des symptômes. Elle mesure la douleur à l'aide d'échelles spécifiques — l'échelle numérique (EN) ou l'échelle visuelle analogique (EVA) — et passe en revue les nausées, la dyspnée, l'anxiété, la constipation et l'anorexie. Par exemple, si un patient qui ne se plaignait pas la veille présente soudain une agitation inhabituelle, l'infirmière identifie le changement, en recherche la cause et contacte le médecin traitant pour adapter le protocole antalgique.

Chaque observation est consignée rigoureusement dans le dossier de soins : heure, type de symptôme, localisation, facteur déclencheur, intervention mise en œuvre et résultat obtenu. Cette traçabilité garantit la continuité des soins entre les différents passages et entre les différents intervenants. Rien n'est laissé au hasard.

Bien plus qu'une technicienne : le rôle humain de l'infirmière palliative

Un soutien psychologique actif pour le patient et la famille

La dimension relationnelle de la visite est tout aussi essentielle que les soins techniques. À chaque passage, l'infirmière accorde un temps d'écoute active au patient. Elle évalue son état psychologique réel, son niveau d'anxiété, ses craintes. Parfois, elle propose un échange en l'absence des proches, pour permettre au patient d'exprimer librement ce qu'il n'ose pas dire devant sa famille — une inquiétude sur l'avenir, une douleur qu'il minimise pour ne pas alarmer, un souhait qu'il n'a pas encore formulé.

L'infirmière est aussi la gardienne des volontés du patient. Dans le cadre de l'Advance Care Planning (ACP), ou planification anticipée des soins, le patient peut exprimer à l'avance ses souhaits concernant son confort et ses traitements. L'infirmière veille à ce que ces directives anticipées soient respectées à chaque visite, garantissant que les décisions prises restent fidèles aux choix de la personne soignée.

Prendre soin de ceux qui prennent soin

Le soutien s'étend aussi aux aidants familiaux. Les chiffres sont parlants : 32 % des aidants souffrent de fatigue chronique et 31 % négligent leur propre santé durant l'accompagnement palliatif à domicile. L'infirmière les aide à prendre du recul, à accepter des temps de répit et à comprendre l'évolution de la situation médicale sans se sentir démunis. Comme le confiait Fabienne, accompagnée par un service palliatif en Wallonie : « La coordination entre le service palliatif, les infirmières et notre médecin traitant m'a permis de ne jamais me sentir seule. » Son mari, soulagé et apaisé à la maison, a pu vivre ses derniers mois entouré de sa famille.

Au-delà des mots, l'infirmière palliative peut aussi mobiliser des techniques non médicamenteuses pour soulager certains symptômes : relaxation, massages, musicothérapie, aromathérapie. Ces approches complémentaires contribuent au confort et à l'apaisement, en venant s'ajouter aux traitements médicaux classiques.

À noter : La reconnaissance du statut d'aidant proche (effective depuis septembre 2020 en Belgique) permet au proche accompagnant le patient à domicile d'obtenir un congé thématique de 3 mois complets ou 6 mois partiels par personne aidée, géré par l'ONEM avec allocation d'interruption et protection de l'emploi. Une simple déclaration sur l'honneur, transmise à la mutuelle, suffit pour enclencher la procédure. Il existe également des centres palliatifs de jour pour offrir du répit aux aidants : à titre d'exemple, le centre TOPAZ à Wemmel (périphérie de Bruxelles) accueille temporairement le patient, permettant aux proches de souffler sans interrompre le suivi palliatif. N'hésitez pas à en parler avec l'infirmière, qui pourra vous orienter vers les ressources adaptées à votre situation.

La coordination assurée à l'issue de chaque visite

Après chaque passage, l'infirmière transmet ses observations au médecin traitant, qui reste le pivot de la coordination. Si nécessaire, des prescriptions anticipées sont adaptées pour anticiper les crises à venir — par exemple, préparer un protocole en cas de douleur nocturne intense, de sorte que l'infirmière puisse agir immédiatement sans attendre une nouvelle prescription.

L'infirmière travaille également en équipe avec les autres intervenants du domicile : kinésithérapeute (en moyenne deux fois par semaine), aide-soignante, aide familiale, garde-malade. Lorsqu'un aide-soignant intervient, la réglementation belge (INAMI) impose qu'un infirmier gradué effectue au minimum une visite de contrôle quotidienne. L'infirmière reste seule responsable de l'évaluation clinique, des actes techniques et de la coordination globale.

Pour les situations particulièrement complexes — douleurs réfractaires, détresse existentielle —, il est possible de solliciter une équipe de soutien de deuxième ligne (EMSP). Ces équipes pluridisciplinaires, composées d'un médecin, d'une infirmière spécialisée et d'un psychologue, interviennent gratuitement, 24 heures sur 24, en soutien des soignants de première ligne, sans se substituer à eux. En Wallonie, huit plateformes de concertation en soins palliatifs, organisées par le Décret wallon du 2 mai 2019, offrent également un accompagnement psychologique et des informations pratiques aux patients, familles et équipes de soin.

Conseil : Seuls les infirmiers gradués, les sages-femmes et les infirmiers brevetés sont habilités à attester les honoraires forfaitaires palliatifs auprès de la mutualité — et uniquement à condition d'avoir eux-mêmes réalisé des soins lors d'au moins une séance de la journée concernée. Si une aide-soignante intervient à domicile, veillez à ce qu'un infirmier qualifié passe également dans la journée pour garantir la validité de l'attestation des soins.

Préparer la visite de l'infirmière palliative à domicile : les gestes qui comptent

Adapter le domicile avant le premier passage

Pour que chaque passage soit le plus efficace possible, quelques préparations simples font une réelle différence. Avant toute chose, si le patient revient de l'hôpital, le lit médicalisé, le matelas anti-escarres, la pompe à perfusion et le matériel de soins de bouche doivent impérativement être installés avant son arrivée, pour que les soins puissent débuter dès le premier passage de l'infirmière. Voici ensuite ce que vous pouvez mettre en place concrètement :

  • Affichez la liste actualisée des médicaments (nom, dosage, horaire) dans la chambre du patient, bien visible dès l'entrée de l'infirmière, pour qu'elle puisse adapter les protocoles sans perte de temps.
  • Notez par écrit vos observations entre deux visites — changement dans la douleur, vomissements, agitation, refus alimentaire — et remettez ces notes à l'infirmière à chaque passage. Ces informations sont essentielles pour ajuster les soins en temps réel.
  • Demandez au médecin traitant de rédiger des prescriptions anticipées personnalisées dès le début des soins palliatifs, afin de permettre une intervention immédiate en cas de crise nocturne.
  • Faites reconnaître le statut palliatif via votre médecin généraliste (par MyCareNet) le plus tôt possible : cela déclenche le remboursement intégral des soins infirmiers, la suppression du ticket modérateur médical et kinésithérapique, ainsi que le versement d'un forfait palliatif de 827,99 € en 2025, renouvelable une fois (au bout d'un mois minimum, selon la même procédure de déclaration auprès de la mutualité).
  • Préservez un espace de parole libre entre l'infirmière et le patient, sans être systématiquement présent dans la pièce, pour permettre une évaluation psychologique authentique.

Ne pas confondre les rôles au sein de l'équipe

Il est également important de ne pas confondre l'infirmière de première ligne et l'aide-soignante. Leurs rôles sont complémentaires mais distincts : l'infirmière reste seule habilitée à réaliser l'évaluation clinique, à gérer les perfusions, à administrer les antalgiques et à coordonner l'ensemble du parcours de soins. L'aide-soignante, quant à elle, intervient sous sa supervision pour les actes de confort et d'hygiène quotidiens.

À noter : Si vous êtes aidant proche et que vous travaillez, pensez à faire reconnaître votre statut d'aidant proche (dispositif en vigueur depuis septembre 2020). Cette reconnaissance vous ouvre le droit à un congé thématique de 3 mois complets ou 6 mois à temps partiel par personne aidée, géré par l'ONEM, avec une allocation d'interruption et une protection de votre emploi. Une simple déclaration sur l'honneur transmise à votre mutuelle suffit pour lancer la démarche. L'infirmière palliative peut vous informer sur cette possibilité et vous accompagner dans les premières étapes.

Un accompagnement de proximité à Courcelles et dans ses environs

Accompagner un proche en soins palliatifs à domicile est un parcours exigeant, mais vous n'avez pas à le traverser seul. Alysone Dufer, infirmière indépendante installée à Courcelles, assure des soins infirmiers à domicile dans une approche fondée sur l'écoute, la bienveillance et la rigueur professionnelle. Chaque prise en charge est personnalisée, en étroite collaboration avec le médecin traitant et les autres professionnels de santé impliqués.

Que ce soit pour des soins techniques quotidiens, un suivi post-hospitalisation ou un accompagnement lors d'une maladie de longue durée, sa présence régulière apporte aux patients et à leurs familles une sécurité précieuse. Si vous résidez à Courcelles ou dans les communes voisines et que vous avez besoin d'une infirmière à domicile, n'hésitez pas à la contacter pour échanger sur votre situation en toute confidentialité.